• ANNE

    Épouse de saint Joachim, mère de la sainte Vierge, particulièrement vénéré en Bretagne. Fête le 26 juillet.

     

    ANGOVILLE :

             Il existe une fontaine Ste.-Anne datant de 1846 dans cette commune. L‘église paroissiale du 12ème siècle est dédiée également à sainte Anne.

     

    BERNIERES-D'AILLY :  

             "Dans un vallon solitaire qui s'enfonce dans les Monts d'Eraines couverts de sapins et de taillis, entre Falaise et Saint-Pierre-sur-Dives, la chapelle de Sainte-Anne-d'Entremont (d'entre les monts) est un lieu de pèlerinage séculaire. La tradition en fixe les origines aux environs de 1040, au temps de Guillaume, le Duc falaisien Conquérant. Le style de la chapelle actuelle confirme, par maints détails, cette vénérable tradition. Elle fut bâtie, dit-on, par la Comtesse Lesceline, contemporaine du Duc Guillaume et fondatrice de l'Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, à la suite d'un accident dont fut victime un jeune seigneur de sa maison. Celui-ci, étant à la chasse dans les forêts d'Eraines, fut gravement blessé par un sanglier. Il gisait près d'une mare, entouré de ses compagnons et de ses chiens, quand la Comtesse prévenue en hâte, accourut à son secours. Elle s'agenouilla, invoqua avec ferveur le nom de Sainte Anne, sa patronne, et promit de lui élever une chapelle sur le lieu de l'accident. Ses vœux furent exaucés ; le blessé revint à la vie et bientôt on vit s'élever près de la mare la modeste chapelle qui, depuis, n'a cessé d'accueillir les pèlerins. Quelques habitations l'entourèrent par la suite. (notice trouvée dans la chapelle).

    ANNE  ANNE

             “ Chapelle Sainte-Anne, vers 1050 en calcaire à Sainte-Anne-d'Entremont : Le hameau de Sainte-Anne-d'Entremont est situé au coeur du massif boisé des monts d’Eraines, vestige du Massif armoricain. À la suite d'une guérison miraculeuse, la chapelle est fondée par la comtesse Lesceline, veuve de Guillaume d'Eu, frère du duc de Normandie Richard II. Celle-ci avait auparavant fondé l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives. En 1375, la chapelle devient une succursale du prieuré de Perrières. Cette paroisse, qui abrite 15 maisons en 1820, est érigée en commune, Puis elle est réunie à Ailly en 1831. (I.. S. M.. H. 1975)

    Le dernier dimanche de juillet se déroule le pèlerinage dédié à sainte Anne. Les fidèles demandent à celle-ci de protéger leur famille, la sainte étant également invoquée pour avoir un enfant. Ces vœux sont consignés sur un registre dans la chapelle. L'intercession de la sainte est vraisemblablement fortement renforcée lors de la Première Guerre mondiale, cet ex-voto témoignant de la reconnaissance d'un couple de pèlerins. ”

    In Le Patrimoine des Communes du Calvados, éditions Flohic 2001.

     

    ETOUVY :  

             "Sainte Anne fut patronne d'une "confrérie pour la sépulture des trépassés".

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.

     

    GRIMBOSQ :  

             "La chapelle Sainte-Anne est située au nord de la forêt, près du cours de l'Orne et de la voie ferrée, à 20 mètres des arcades du pont. Elle fut déplacée afin de permettre la construction du pilier ouest du viaduc. La sainte prit, paraît-il, mal la chose et, certaines nuits, allait gîter sous le pont... Le promeneur peut s'y rendre à pied en suivant le chemin qui longe le ruisseau de la Grande-Vallée ou en voiture en empruntant la voie qui, de Grimbosq, mène au lieu-dit "Angers", (toponyme qui provient du moulin d'Angers détruit lors des combats sanglants de 1944). Cette chapelle dont le patronage appartenait à l'abbaye du Val-Richer, fut longtemps un centre de pèlerinage pour les âmes de la contrée. On s'y réunissait le lundi de Pâques et le 26 juillet, jour de fête de la sainte qui avait, ici, la faculté de faire pleuvoir lors des périodes de sécheresse. C'est d'ailleurs surtout pour cela que les fidèles des paroisses voisines s'y rendaient en procession en chantant des cantiques avec, à leur tête, les sacristains agitant leurs tinterelles. Les bannières étaient plongées dans le cours de l'Orne et le retour s'effectuait à une cadence accélérée car Sainte Anne déclenchait la pluie : les paroissiens étaient trempés jusqu'aux os avant de regagner leur domicile... On raconte que lorsque cessèrent les pèlerinages, un lièvre venait célébrer la messe et donner la communion aux gens crédules. Aujourd'hui, la chapelle offre un spectacle désolant. L'intérieur a été, en grande partie, détérioré par des vandales sans scrupules. La "casse", est gratuite. Cet édifice existera-t-il encore dans cent ans ? Seuls les murs en brique rouge ont à ce jour résisté. La porte de bois recouverte de tôle incite à la mélancolie. Quelques pieds de buis dégagent une odeur funèbre. A proximité, une petite construction hexagonale (avec enduit au mortier de ciment imitant le bois) s'élève près de l'Orne qui flâne sans bruit."

    in Bois et Forêts de Normandie de J.M. Foubert (1985).

    ANNE  ANNE

    SAINT-OUEN-LE-PIN :  

             On trouve dans l'église de cette petite commune une statue de Sainte-Anne. "Elle porte l'inscription : "Elle fut transférée du Val Richer dans cette église par la garde nationale le mardi 24 avril année de la 1ère de la République, élevée sur ce piédestal le 6 juin suivant 1792, le tout au nom de la Religion." C'est donc cette statue qui occupait l'autel sud de l'abbatiale. Et elle revient de loin, un maçon mécréant nommé Vaudor ayant voulu l'abattre de l'autel, corde au cou. Trois jours plus tard, miracle vengeur, le maçon périt lui-même sur un chantier, accidentellement écrasé par une lourde pierre ; le Vaudor n'était plus debout... C'est en réparation de cet outrage que Sainte Anne fut ainsi transférée en grande pompe républicaine."

    in Randonnées et Patrimoine en Pays d'Auge, T.III, de J. Lalubie (1987).


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  • ANNOBERT ou ALNOBERT

    Evêque de Sées du VIIème siècle ; fête le 16 mai.

    ANNOBERT

     Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, Caen, 1898

    EVRECY :  

             "Cet évêque est une des gloires du diocèse de Séez et du diocèse de Bayeux, où il réforma et fit fleurir plusieurs monastères. En 689, Annobert signa au Concile de Rouen avec ses amis saint Gerbold et saint Aquilin. Il mourut le 16 mai, vers 705. Bientôt son corps fut levé et son culte organisé. La cathédrale de Séez tombant en ruines, les chanoines prirent les reliques et, selon la coutume, les portèrent de province en province pour exciter la charité des fidèles. (Abbé Alix : Cinquante Saints Normands, Caen, 1933) Une grande statue, XVIIe siècle, à la pose déclamatoire, se trouve dans la belle église d'Evrecy, en souvenir de l'ancienne abbaye qu'Annobert gouverna au VIIème siècle."

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.

     

             "L'abbé J. Laffetay, dans "Histoire du diocèse de Bayeux", parue en 1855, écrit : " L'abbé Delarue dit que l'on trouve, dans le VIIIe siècle un monastère à Evrecy. Cedulfus en fut le premier abbé et fondateur. Sous l'épiscopat de saint Gerbold les moines se révoltèrent contre leur abbé qui voulait les obliger à la stricte observance de la règle. Ce qui fut la cause que saint Gerbold réunit l'abbaye d'Evrecy à celle de Deux-Jumeaux, et mit saint Annobert, abbé d'Evrecy, à la tête des deux communautés réunies."

    In Histoire de Ver-sur-Mer par l'abbé Jean Marie, éditions Ch. Corlet 1995.

     

             "Citons encore le cas de saint Alnobert, abbé d'Evrecy, puis évêque de Sées au VIIe siècle. La fixation de ses reliques à Morienval (Oise) ressemble fort à ce qui s'était passé auparavant à Gournay pour saint Hildevert : la mainmise sur la châsse au cours d'une "tournée" pour recueillir des aumônes." (cf L. Musset in L'Exode des reliques du diocèse de Sées au temps des invasions normandes", Bull. Sté. Hist. et Arch. de l'Orne, 1970, p.é-22.)

    in Voyageurs et ermites, saints populaires évangélisateurs de la Normandie, publication pour l'expo. 1996 au Musée de Normandie à Caen ; p. 20.

     

             "Ce monastère, comme tant d'autres, fut détruit lors des invasions normandes et il n'en reste plus de vestiges. Mais ce qui est certain, c'est qu'au VIIe siècle, il jouissait d'une grande notoriété. La règle était celle de saint Benoît. Cédulphus ou Cédulphe en fut le premier abbé. Le second se nomma Baudry, et il eut pour successeur saint Annobert ou Hubert, plus tard évêque de Séez. La personne de ce dernier mérite une mention spéciale. Il naquit au diocèse du Mans, et c'est vers 654, à la mort de l'évêque Hadouin, qu'il quitta celle ville et vint se retirer au monastère d'Evrecy. Il ne tarda pas à gagner la confiance de Cédulphe, et celui-ci ayant à traiter une affaire importante à la cour du roi Chilpéric II, vers l'an 670, le députa vers ce dernier. Peu s'en fallut, toutefois que la mission n'eut pas le succès attendu. En effet, au moment où le saint religieux parvint auprès du roi, celui-ci partait pour la chasse, et il refusa de l'entendre. Troublé par un accueil aussi peu encourageant, Annobert se retira dans une chapelle voisine, y pria longuement, et se mit ensuite en devoir de célébrer la messe. Tout à coup, au milieu de celle-ci, un cerf, poursuivi par la chasse royale, fit irruption et vint se réfugier près de l'autel. Le roi le suivait de près ; mais, voyant l'animal couché aux pieds de l'homme de Dieu, il s'arrêta interdit et défendit à ses compagnons de le forcer. Bien plus, reconnaissant alors le religieux qu'il avait si rudement éconduit le matin, il le combla de marques de respect et termina à sa pleine satisfaction l'affaire qui l'avait amené près de lui. Quelle est l'authenticité de l'épisode nous ne saurions le dire ; mais, ce qui est sûr, c'est qu'on y a ajouté foi et que le souvenir s'en est perpétué. On voit encore, en effet, dans l'église d'Evrecy, un tableau ancien qui reproduit la scène. Jusqu'en 1850, ce tableau était même placé au-dessus d'un autel dédié à saint Hubert lui-même, Malheureusement, à cette date, et à raison de ce tableau, prêtres et fidèles croyaient qu'il s'agissait de saint Hubert de Liège, le noble patron des chasseurs. Or, comme rien ne semblait, à Evrecy, justifier un culte spécial en l'honneur de ce saint, le tableau fut enlevé et placé dans un bas-côté ; l'autel même changea de vocable, et fut dédié à saint Joseph. Mais quand, plus tard, on reconnut la méprise et qu'il fut demeuré constant qu'il s'agissait de l'ancien abbé d'Evrecy, on peut penser que cette substitution causa plus d'un regret, à raison de l'intérêt archéologique et même religieux qui s'attachait à l'ancien autel et au saint tout local qui y avait été si longtemps honoré. Ces regrets devinrent d'autant plus vifs qu'on put alors mieux se rendre compte de l'autorité qui, pendant la vie du saint abbé d'Evrecy, s'était attachée à sa personne. Son austérité, même dans ces temps de foi et d'ardente pénitence, faisait bruit, à ce point qu'elle faillit un jour lui devenir funeste. Une révolte, paraît-il, éclata parmi les religieux que l'abbé voulait ramener aux règles de la primitive observance. Un complot fut ourdi pour attenter à sa vie ; "mais, disent les annalistes, ce complot étant venu à la connaissance des évêques, abbés et comtes du pays, ils chassèrent ces méchants moines envoyant les uns dans divers monastères et les autres en exil" (Pouillé du diocèse de Bayeux, 1786, p.96). Annobert était trop imbu de l'esprit de charité pour ne pas pardonner, et, quelques mois après, les religieux furent rappelés par lui dans le monastère d'Evrecy, où ils vécurent désormais "dans un même sentiment d'amour de Dieu et de charité fraternelle". La règle, cependant ne fléchit pas, et on jugera de sa sévérité par ce simple détail, que si quelque moine, en chantant l'office, venait à se tromper de psaume ou d'antienne, il devait rester toute la journée sans boire ni manger. Pour les vieillards seuls, la punition était remplacée par une correction d'un autre genre. Pendant le gouvernement d'Annobert, le monastère d'Evrecy eut l'honneur de recevoir au nombre des jeunes clercs qui venaient, sous la direction du saint abbé, se préparer à l'évangélisation des âmes et aux secrets de la science théologique un des évêques de Bayeux dont le nom est resté des plus populaires ; nous voulons parler de saint Gerbold, né à Livry et mort en 692, à son retour du Concile de Rouen (Béziers, histoire de Bayeux, p.XXIII - Blin, T.1, p.488). Quant à Annobert, après avoir passé trente et un ans à Evrecy, et reformé un certain nombre de monastères tant d'hommes que de femmes, notamment celui de Deux-Jumeaux, il se démit de ses fonctions d'abbé et se retira, avec un seul de ses disciples, dans une solitude voisine de la ville de Séez. C'était, pour lui, l'heure de Dieu, car, peu de temps après, l'évêque du lieu étant venu à mourir, Annobert fut élu d'une voix unanime par le clergé et le peuple. Entraîné bientôt, malgré sa résistance, dans la cathédrale, il dut se laisser sacrer, sur l'ordre de Thierry III, roi de Neustrie, vers 686. Il occupa le siège pendant vingt ans encore, et mourut en 706, chargé d'ans et objet déjà de la vénération des fidèles (Blin, t.1, p.481). L'histoire de son épiscopat est étranger à notre sujet, et nous n'avons plus à nous en occuper. Que devint, après le départ de saint Annobert, le monastère d'Evrecy? Les renseignements font défaut et on ne sait qu'une chose, c'est qu'il fut, comme tant d'autres fondations de même nature (notamment comme les monastères de Livry, des Deux Jumeaux, de Cerisy), détruit lors des premières invasions normandes (Béziers, Mémoires, p.502 ; Histoire de Bayeux, P.XXIX - Dumaine, Histoire de Tinchebray, T.1, P.16)."

    in Histoire d'Evrecy de Lanfranc de Panthou, Res Universis 1988, réédition de Monographie de la commune d'Evrecy, 1900.

     

    Saint Annobert (16 mai) : Saint Annobert est une des gloires du diocèse de Séez, dont il fut évêque et du diocèse de Bayeux où il réforma et fit fleurir plusieurs monastères. Mabillon le fait originaire du Bessin, d'autres historiens lui donnent le Mans pour patrie ; mais tous s'accordent à dire qu'il fut instruit par saint Hadouin, évêque du Mans, qui tenait une école où les clercs écrivaient la vie des saints. A la mort de son maître, Annobert, qui avait reçu le sacerdoce, se retira au monastère d'Evrecy. Cette maison avait été fondée par l’ermite Chédulfe, qui, voyant les mérites du novice en fit son confident. Il l'envoya en 670 auprès du roi Childebert II pour traiter une question concernant le culte de la Sainte Vierge. Le roi sur le point de partir à la chasse renvoya l'affaire aux calendes grecques. Or il arriva qu'un cerf qu’il poursuivait se réfugia auprès d'Annobert qui célébrait la messe dans une chapelle voisine. Frappé de cette coïncidence le monarque accorda la faveur demandée. Sur ses entrefaites, Baudry avait succédé à Chédulfe dans le gouvernement du monastère d'Evrecy, et le relâchement s'y était introduit à cause de son ignorance et de son manque d'énergie. Annobert, en étant devenu abbé voulut rétablir la discipline ; ce fut la révolte. Le peuple chassa les moines séditieux, mais l'abbé les rappela, leur pardonna et les ramena à' la pratique de la règle de saint Benoît. Vers 683, saint Gerbold, évêque de Bayeux, ancien élève du monastère d'Evrecy, voulut remplacer la règle canoniale par la règle bénédictine dans son monastère de Deux-Jumeaux. A sa prière Annobert y envoya plusieurs de ses moines qui y établirent la réforme demandée. Après avoir passé 30 ans à Evrecy, le saint abbé se retira avec un de ses religieux, nommé, Turpin, dans une solitude près de Séez. L'an 686 il fut nommé par acclamation évêque de ce diocèse et forcé d'accepter par l'ordre de Thierry III, roi de Neustrie. Il avait, disent ses actes, un aspect évangélique et ses paroles émouvaient jusqu'aux larmes. Dans une famine il sacrifia tout pour secourir ses diocésains. Saint Evremond, son parent, qu'il avait rencontré à la Cour, était revenu à Bayeux, sa ville natale, où il dépensait sa fortune à construire des églises et des monastères. L'évêque de Séez lui envoya Fortunat, son archidiacre pour l'engager à venir dans son diocèse. Il l'ordonna prêtre et lui donna la bénédiction abbatiale à Montmerrey. Il fut aussi l'aide de saint Evroult dans la fondation de l'abbaye d'Ouche. En 689 Annobert. signa au concile de Rouen avec ses amis saint Gerbold et saint Aquilin. Plein de mérites il mourut le 16 mai vers 705. Bientôt son corps fut levé et son culte organisé. La cathédrale de Séez tombant en ruines, les chanoines prirent les reliques et, selon la coutume, les portèrent de province en province pour exciter la charité des fidèles. Pétronille, abbesse de Morienval près Senlis, reçut les pèlerins et la volonté de Dieu indiqua que la chasse devait rester là. C'était en 1122. L'an 1745 une partie des reliques fut portée à l'abbaye du Parc aux Dames, où jusqu'à la Révolution saint Annobert était grandement honoré. En 1757 le Père Créaux, capucin, publia une curieuse vie de ce saint. 

    in Cinquante Saints Normands, étude historique et archéologique de Frédéric Alix ; Société d’Impression de Basse-Normandie, Caen 1933.

     

    Abbaye d'Evrecy (Wikipédia) 

    « Cette abbaye bénédictine est fondée à l'époque mérovingienne par Chédulfe vers le milieu du VIIe siècle1. Chédulfe, son fondateur, en devient le premier abbé2. Baudry lui succède2. Pendant son abbatiat, la règle se relâche2. 

    Annobert, disciple de Chédulfe et troisième abbé, réforme à la fin du VIIe siècle Évrecy, tout comme les Deux-Jumeaux1. Dans sa tentative, la vie d'Annobert est menacée par les moines récalcitrants. Les moines sont exilés, d'autres envoyés aux Deux-Jumeaux3. Saint Gerbold, évêque de Bayeux, choisit de réunir la communauté à celle des Deux-Jumeaux avec à leur tête Annobert2. 

    Suite aux dévastations vikings, l'abbaye ne connaît pas de restauration monastique1. En 1035/1037, le domaine devient la propriété de la cathédrale de Bayeux1. 

    L'église paroissiale possède des fragments sculptés des VIIIe et IXe siècles qui semblent en provenir1. » 

    Notes et références

    1. ↑ a, b, c, d et e Lucien Musset, Monachisme d'époque franque et monachisme d'époque ducale en Normandie: le problème de la continuité dans « Aspects du monachisme en Normandie : actes du Colloque scientifique de l’Année des abbayes normandes, Caen, 18-20 octobre 1979 » / IVe   XVIIIe siècles : Colloque scientifique de l’Année des abbayes normandes, J. Vrin, Paris, 1982, (ISBN 978-2-7116-2034-0), p. 65.
    2. ↑ a, b, c et d Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia christiana), E. Repos, Paris, 1864-1873, p. 179-180 [archive].
    3. ↑ Gervais de La Rue, Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement, Volume 2, Caen et Rouen, 1820, 454 p., p. 397-398 [archive]. (Wikipédia)

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    http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/synaxair/mai/annobert.pdf : 

    « SAINT ANNOBERT OU ALNOBERT, ÉVÊQUE DE SÉEZ (706) Fêté le 16 mai 

    Saint Annobert, un des plus grands évêques de l'Eglise de Séez, était d'une famille noble et alliée aux personnages les plus puissants du royaume. Dès l’âge le plus tendre, il fut confié à saint Hadoin, évêque du Mans, qui prit soin de le former à la science, et surtout à l'amour du Seigneur Jésus Christ. Dieu répandit tant de bénédictions sur le cœur de cet enfant, qu’il ne tarda pas à faire la joie du saint évêque par la manière dont il profita de ses enseignements. Appelé à la cour, à cause de la noblesse de sa naissance, et plus encore à cause des talents qu’on admirait en lui, il fut bientôt dégoûté des vanités du monde, et revint avec joie auprès de saint Hadoin, pour ne plus servir d'autre maître que Jésus Christ. Quand il fut arrivé à l'âge prescrit par les saints canons, saint Hadoin l'éleva au sacerdoce et le combla des marques de son affectif. Après la mort de cet évêque, saint Annobert, qui désirait depuis longtemps mener une vie plus retirée, dit adieu à sa famille, et se rendit dans un monastère situé à Evrecy, dans le diocèse de Bayeux. 

    L'abbé de ce monastère, nomme Chodulfe, remarqua bientôt la science et la ferveur de son nouveau disciple. Il conçut pour lui beaucoup d'estime et lui donna une grande part dans le gouvernement de son monastère. Appelé bientôt à prendre le gouvernement de la communauté, saint Annobert se montra vigilant dans la conduite du troupeau de Jésus Christ et s’appliqua à faire régner la ferveur dans son monastère. Il passa trente et un ans à Evrecy, après quoi, voulant pousser encore plus loin l’amour qu'il avait voué à l'humanité, il prit le parti de se dépouiller tout pour Jésus Christ. Il résolut même d'abandonner la charge d'abbé, et de quitter la compagnie de ses religieux, qui le chérissaient comme leur père. Ayant donc recommandé ces bien-aimés disciples à la miséricorde du Seigneur, il sortit du monastère avec un seul moine nommé Turpin, et se retira dans une solitude, près de la ville de Séez. C'était la Providence elle-même qui le conduisait, car quelque temps après son arrivée, le siège épiscopal de Séez étant venu à vaquer, il fut choisi pour évêque par le clergé et le peuple. Entrainé à l’église cathédrale, malgré sa résistance, il fut obligé de recevoir la consécration épiscopale, pour obéir aux ordres de Thierry III, roi de Neustrie. Ceci se passait vers l'année 686. On vit bientôt quelle grâce le Seigneur avait faite au diocèse de Séez en lui donnant an si saint évêque. Il déploya, pour la sanctification des fidèles, tout le zèle qu'il avait montré pour-celle de ses religieux. Ennemi du vice et toujours occupé à le combattre, il se montrait d'une bonté inépuisable pour tous les pécheurs, afin de les gagner à Jésus Christ. Il n'avait pas de plus grand bonheur que de prêcher à son peuple la parole de Dieu, de lui expliquer le saint Evangile, et de lui rappeler les miséricordes infinies de Jésus Christ. Il avait un visage angélique et parlait avec une telle éloquence, que ses auditeurs étaient touchés jusqu'aux larmes de ses prédications. Il joignait constamment la prière à la prédication, afin de lui faire porter plus de fruits. Que d'abstinences, que de mortifications ne s'imposait-il pas pour obtenir de Dieu la conversion des pécheurs ? Ses jeûnes prolongés avaient desséché jusqu'à ses os; mais peu lui importait qu'ils épuisassent son corps, pourvu qu'ils attirassent les bénédictions de Dieu sur son troupeau. Quand il s'agissait de la gloire de son bon maître, ce grand serviteur de Dieu n'avait pour le repos que du mépris, pour les douceurs de la vie que de l'éloignement; il ne soupirait qu'après le travail, les souffrances et les humiliations. Aussi, quoique pauvre des biens de ce monde, était-il véritablement riche aux yeux de Dieu, parce qu'il possédait le trésor des trésors la charité. Insensible à ses propres besoins, il était très attentif à ceux des fidèles confiés à sa charge. Sa sollicitude pour les pauvres, qu'il appelait ses enfants, éclata surtout dans une grande famine qui vint désoler son diocèse. Il ne recala devant aucune peine, aucune fatigue, pour sauver la vie à son peuple. Il fit tout pour provoquer la charité des fidèles et faire répandre d'abondantes aumônes dans le sein des malheureux, il donna le premier l'exemple de la générosité, en distribuant aux nécessiteux, le peu qui lui restait de biens, et tous ceux de son Eglise dont il put disposer.  

    Saint Annobert témoignait aux religieux une bonté toute particulière. Il les visitait souvent, et les encourageait à marcher d'un pas ferme dans la voie du ciel. Il ne bornait pas son amour pour les religieux aux imites de son diocèse. Plusieurs abbayes, appartenant à des diocèses voisins, en éprouvèrent les effets de sa bienveillance. C'est ainsi qu'en 689 il se rendit à Rouen pour confirmer les privilèges accordés par saint Ansbert, archevêque de cette ville, aux moines de Fontenelle. Il attira dans son diocèse plusieurs personnages d'une sainteté éminente. Citons, entre autres, saint Gildéric ou Joudry, anachorète, d'origine écossaise, aux besoins duquel il pourvut généreusement; saint Evremond et saint Evroult. Après une vie employée en bonnes ouvres et à faire aimer Jésus Christ, il alla recevoir la récompense promise par le Sauveur aux bons et fidèles serviteurs. C'était le 17 des calendes de juin, vers l’année 706. La vénération que les fidèles conservèrent pour saint Annobert après sa mort, et les miracles qui s'opéraient au tombeau, portèrent les évêques de la province de le mettre aux nombre des Saints. Son corps fut alors levé de terre et exposé sur les autels. Plus tard, l’église où il reposait étant tombée dans le plus grand appauvrissement, les prêtres qui la desservaient prirent les reliques du Saint et les portèrent de province en province, afin d'exciter plus vivement la charité des fidèles. Arrivés dans la paroisse de Morienval, ils déposèrent la châsse dans l'abbaye de religieuses bénédictines de ce lieu. Le lendemain ils se disposèrent à continuer leur route; mais quand ils voulurent enlever la châsse, ils la trouvèrent si pesante qu'il leur fut impossible de la changer de place. Reconnaissant en cela la volonté de Dieu, ils durent laisser à l'église du monastère le corps de leur bien-aimé pontife. La présence de ces glorieuses reliques attira bientôt dans l'église de l'abbaye un grand concours de pèlerins, qui répandirent dans toutes les contrées voisines la dévotion envers saint Annobert. De la paroisse de Morienval, qui le choisit pour second patron, elle pénétra jusque dans la ville de Soissons, où l'on célébrait le 16 mai la fête du saint évêque. C'était aussi le 16 mai que l'abbaye et la paroisse de Morienval célébraient la principale fête du Saint. Telle était la vénération dont on environnait depuis des siècles ses reliques dans l'abbaye de Morienval, lorsqu'en 1745 un décret royal obligea les religieuses à se disperser en différentes maisons du voisinage. Ce précieux dépôt fut déposé dans l'église de Morienval par le vicaire général de Mgr Fitz-James, évêque de Soissons. Un os de la mandibule et un autre de la jambe furent remis plus tard à l'abbesse du Parc-aux-Dames. La translation en fut faite le 25 septembre 1752, par Mgr Firmin de Trudaines, évêque de Senlis, qui permit aux religieuses d'en célébrer la fête chaque année, à pareil jour, dans leur église. Une relique du Saint, consistant en un ossement entier du bras, fut donnée à l'abbaye bénédictine de Royal-Lieu; mais elle disparut à la Révolution, sans qu'on ait pu savoir ce qu'elle était devenue. Les reliques conservées à Morienval furent soustraites an vandalisme révolutionnaire. Comme l'ancienne chasse était en mauvais état, on résolut de les mettre dans une châsse neuve. Cette translation eut lieu le 7 mai 1843. La reconnaissance de ces restes sacrés par l'évêque de Beauvais donna un nouvel élan à la dévotion des fidèles pour saint Annobert. La cathédrale de Séez, où l'on n'a cessé depuis onze siècles de vénérer ce grand Saint, reçut, le 6 novembre 1864, une de ses précieuses reliques, qui repose dans un beau reliquaire en cuivre doré. On possède aussi au grand séminaire de cette ville une partie du même ossement. Diverses parcelles ont été distribuées dans ce diocèse et contribuent à augmenter la dévotion à saint Annobert. » 

    Extrait des Vies des saints du diocèse de Séez, par H. l’abbé Blin, curé de Durcet. Dans : Les Petits Bollandistes : Vies des saints, tome 5 

    http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/synaxair/mai/annobert.pdf 

     

    MORIENVAL http://crdp.ac-amiens.fr/idp/morienval-60-eglise-abbatiale-notre-dame-idfidp/ 

    « Morienval est situé dans la vallée de l’Automne, à la lisière de la forêt de Compiègne.
    Si le village est attesté dès le VIe siècle, l’abbaye bénédictine n’apparaît pour la première fois qu’en 842 sur un diplôme de Charles le Chauve.
    La communauté double des origines se sépare au XIIe siècle et les moniales restent seules. En 1122, des chanoines de Sées en Normandie déposent les reliques de saint Annobert, évêque de leur ville au VIIIe siècle. L’afflux des pèlerins apporte une grande prospérité à l’abbaye et, dès le XIIe siècle, l’église est reconstruite, une chapelle consacrée au saint étant ajoutée au croisillon nord.
    Cet édifice, une des références pour l’art roman, présente une des premières voûtes gothiques sur la travée droite du chœur. Les restaurations les plus importantes sont datées du XVIIe siècle quand l’abbesse Anne de Foucault fait voûter d’ogives la nef et la croisée dans un style flamboyant, construire deux travées de part et d’autre du clocher-porche et ouvrir un grand portail sur le collatéral nord. »
    Alain Boulnois. http://crdp.ac-amiens.fr/idp/morienval-60-eglise-abbatiale-notre-dame-idfidp/
     

     

    Voir aussi : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200021f/texteBrut 


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  • ANTOINE de PADOUE

    Né à Lisbonne en 1195, prédicateur ayant accompli des miracles, mort à Padoue le 13 juin 1231 ; fête le 13 juin.  

     

    LISIEUX :

             "Ce saint extrêmement populaire naquit à Lisbonne en 1195 de la famille de Bouillon, patronyme non français en dépit des apparences. Après un séjour au monastère des disciples de saint François à Coïmbre (Portugal), il entreprit d'aller évangéliser les Maures en Afrique, mais la maladie le contraignit au rapatriement. Apres une période de vie cachée, il reçut mission de prêcher l'Evangile dans la Romagne et le Piémont. Il prêcha également en France. Remarquable prédicateur, il se montra aussi un dévoué serviteur des pauvres, accomplissant nombre de miracles. Il mourut à Padoue le 13 juin 1231 auréolé d'une immense popularité. Dans toute la Normandie, il fait l'objet du culte particulier qui lui vaut de figurer en bonne place dans presque toutes les églises où on va lui demander de réparer les étourderies en favorisant le retour des objets perdus. Mais, parfois, il reçoit d'autres requêtes. (...) Le culte le plus suivi est sans doute celui de Lisieux. Dans la cathédrale, une chapelle placée sous le vocable du saint reçoit son lot quotidien de demandes formulées sur des registres et bénéficie d'une belle générosité de cierges qui illuminent la statue. Les pèlerins, fort nombreux, adressent par écrit (oralement aussi sans doute) des requêtes de tous ordres portant autant sur la santé que sur la réussite dans la vie, autant sur les petits problèmes quotidiens d'aujourd'hui que sur les soucis mineurs de clés perdues."

    in Les saints qui guérissent en Normandie d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France 1998.


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  • ANTONIN

     

     

    BAYEUX :

    Concernant ce saint, voir aussi l’article ci-après extrait de : Les saints dans la Normandie médiévale – colloque de Cerisy-la-Salle, 1996 ; Presses Universitaires de Caen, 2000. Chapitre : “ Les reliques de la cathédrale de Bayeux ” par F. Neveux.


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  • APOLLINE

    Vierge d'Alexandrie martyrisée en 249 ; fête le 9 février 

     

    ABLON :  

             "A Ablon (canton de Honfleur), les mères font toucher la statue, prient, mettent un cierge, font parfois célébrer une messe et déposent un linge ayant touché l'enfant."

    in Les saints qui guérissent en Normandie d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France 1998.

     

    AUVILLARS/HOTTOT-EN-AUGE/LA CHAPELLE-YVON :

    “ Pour les problèmes dentaires, on peut aussi l'invoquer dans le Calvados à Auvillars (canton de Cambremer), à Hottot‑en‑Auge (même canton), à La Chapelle‑Yvon (canton d'Orbec) où des linges sont souvent laissés comme ex‑voto (mouchoirs, chaussettes d'enfant, etc.). ”

    In Les Saints qui guérissent en Normandie, tome 2 par H. Gancel, éditions Ouest-France, 2003. 

     

    CANAPVILLE :  

             "De semblables dépôts (bavoirs, sucettes) sont offerts au pied de la statue de la sainte à Canapville (canton de Pont-l'Evêque) où les pèlerinages individuels sont particulièrement suivis par les gens du voyage."

    in Les saints qui guérissent en Normandie d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France 1998.

     

    NOTRE-DAME-DE-LIVAYE :  

             "Vierge d'Alexandrie, Apolline n'apparaît pas dans l'histoire avant son martyre en 249. Et quel martyre ! Ses tortionnaires lui frappent d'abord violemment les mâchoires à coups de pierres jusqu'à ce que toutes les dents tombent. Ils élèvent ensuite un bûcher et menacent de l'y jeter vivante si elle ne prononce avec eux des paroles impies. Pour toute réponse, Apolline s'élance dans le feu et y est consumée. La légende ajoute que, tandis qu'on lui brisait les dents, elle adressa cette prière à Jésus "Que tous ceux qui feront mémoire avec dévotion de l'intensité de la douleur que j'éprouve ne ressentent jamais ni douleurs de dents ni douleurs de tête." Un ange nimbé de lumière apparut aussitôt pour lui annoncer que sa prière était exaucée. L'histoire et la légende ont suscité un culte particulièrement vivant en Normandie où l'on prie la sainte pour la guérison des maux de dents et plus spécialement lors de la pousse des dents chez les nourrissons. (...) Dans le Calvados, à Notre-Dame-de-Livaye (canton de Mézidon-Canon), une sainte Marguerite est considérée et priée comme une Apolline. Les mères qui apportent leurs bébés laissent leurs bavoirs dans les bras de la statue en guise d'ex-voto."

    in Les saints qui guérissent en Normandie d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France 1998.


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  • AQUILIN

    Fête le 19 octobre.

     

    Saint Aquilin (19 octobre) : Saint Aquilin est un de ces évêques d'origine gallo-romaine, qui, grâce à l'illustration de leur naissance, à leur éducation soignée et à leur vertu, eurent une grande influence sur la civilisation de leur temps. Le moine bénédictin Hécelon rédigea sa vie vers la fin du XIe siècle, et nous trouvons au siècle suivant son nom mentionné dans un calendrier de Cluny. L'abbé Chevalier mentionne son culte établi à Vienne, en Dauphiné, en 1239. Fils de grands fonctionnaires, Aquilin naquit à Bayeux vers 620 ; après de fortes études, il contracta un riche mariage. Son esprit et sa diplomatie le firent remarquer par le roi Clovis Il, qui se l'attacha et le chargea d'importantes négociations. Habile général, il arrêta les barbares qui sans cesse franchissaient, à l'Est, les barrières du royaume. A son retour, il rencontra sa femme, qui était venue à Chartres pour le féliciter et l'avertir qu'elle avait fait vœu de chasteté pour que Dieu lui conserve la vie sauve. Aquilin accepta volontiers de partager le sacrifice. Les deux époux se retirèrent à Evreux, s'occupant uniquement du soin des malades, de sorte que leur maison devint un véritable hôpital. L'évêque Œtherius étant mort en 650, Aquilin fut proclamé son successeur. Il accepta malgré lui, préférant la vie d'anachorète à celle d'administrateur. En récompense de ses jeûnes, de ses prières et de ses veilles. Dieu le favorisa du don des miracles, à. ce qui lui donna une grande influence sur les païens, encore nombreux dans le pays. Nous le trouvons en 689 avec ses deux compatriotes et amis Annobert, évêque de Séez, et Gerbold, évêque de Bayeux, au concile de Rouen, tenu par saint Ansbert pour la réforme du chant ecclésiastique.  Le biographe de saint Aquilin nous apprend que celui-ci avait prié Dieu de le rendre aveugle, afin que la vue des créatures ne lui fit pas oublier le ciel, et qu'il fut exaucé. Le Pontife mourut après un long épiscopat et fut enterré dans une chapelle qu'il avait élevée dans un faubourg d’Evreux. L'humble oratoire transformé en église paroissiale, est devenu en 1839 la chapelle du petit séminaire. Pour soustraire les reliques du saint à la fureur des Normands, Guntbert, évêque d’Evreux, les transporta en Auvergne. Plus tard, saint Bernon les reçut à Gigny, en Bourgogne, où elles sont conservées et honorées le 19 octobre. Il est patron de Saint-Aquilin-d'Augerons et de Saint-Aquilin-de-Pacy, au diocèse d'Evreux, de Saint-Aquilin-de-Corbion, au diocèse de Séez, et de Frangy, au diocèse de Genève ; l'église de Chignin (Savoie) conservait des parcelles de ses reliques. L'iconographie le représente agenouillé devant un autel avec sa femme, pour rappeler leur vœu mutuel de continence. 

    in Cinquante Saints Normands, étude historique et archéologique de Frédéric Alix ; Société d’Impression de Basse-Normandie, Caen 1933.


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