• THOMAS Becket

    THOMAS BECKET 

    Prélat né à Londres vers 1117 d'un père rouennais, ami et conseiller d'Henri II qui le fait chancelier d'Angleterre en 1155 et archevêque de Canterbury en 1162. En rupture avec le roi, il fut assassiné dans sa cathédrale le 29 décembre 1170 à son instigation. Canonisé en 1173. Fête : 29 décembre. Il est le patron des bûcherons. On trouve à Lisieux, dans la chapelle de l'Hôpital, les ornements liturgiques de Thomas Becket.

     

    BAYEUX :

    Concernant ce saint, voir aussi l’article ci-après extrait de : Les saints dans la Normandie médiévale – colloque de Cerisy-la-Salle, 1996 ; Presses Universitaires de Caen, 2000. Chapitre : “ Les reliques de la cathédrale de Bayeux ” par F. Neveux.

     

    MONTFIQUET :  

             "Becket était un familier de notre région. Un jour que, s'y promenant, il avait rencontré Gilbert, sire de Montfiquet, occupé à reconstruire son église, celui-ci lui avait demandé conseil : "-A quel saint, selon vous, monseigneur, devrai-je dédier ce lieu? -Au premier martyr qui répandra son sang pour la religion" aurait répondu le prélat. Or ce fut lui, froidement assassiné à l'épée dans le choeur de sa cathédrale, le cinquième jour après Noël, par Hugues de Morville, Richard Le Breton, Renaud Fiz d'Ours et Guillaume de Tracy qui avaient écouté le roi à Bur et conclu à un ordre de sa part, ce dont le souverain se défendit. Ils avaient chevauché par Subles et Bayeux à folle allure et s'étaient embarqués, les uns à Port, les autres à Ouistreham. On sait la suite. L'affaire Becket eut un énorme retentissement dans la chrétienté. L'église de Montfiquet est placée sous le vocable de St-Thomas de Cantorbéry depuis 1183. Le roi avait dû faire amende honorable, à genous et la corde au cou."

    in Le Bessin oublié de C. Pézeril (1991).

     

    TOUQUES :  

             "En 1164, paraît-il, Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry se trouvait de passage à Touques lorsqu'il aperçut une équipe d'ouvriers occupés à construire une église. Il s'approcha d'eux et s'intéressa à leur travaux. "- Vous construisez, dit-il, une superbe église, mais avez-vous songé à lui trouver un patron ? -Non, répondirent les ouvriers. -Eh bien, mes amis placez-la sous le patronage du premier martyr à venir. Les travaux se poursuivirent et sept ans plus tard l'église étant terminée, les ouvriers se souviennent du conseil donné par archevêque. Les autorités ecclésiastiques entreprirent des recherches et découvrirent que le premier martyr était Thomas Becket lui-même tombé sous le fer d'un assassin le 29 décembre 1170."

    in Légendes de Basse-Normandie d'E. Colin (1992).

     

    SAINT-OUEN-LE-PIN :  

             "Ici se place un évènement qui jette un certain éclat sur l'histoire de l'abbaye et dont le souvenir a été conservé par deux historiens normands : Hermant, curé de Saint-Pierre de Maltot, auteur d'une Histoire du Diocèse de Bayeux, dont le manuscrit en trois volumes se trouve à la Bibliothèque de Caen ; et Jean Le Prévost, chanoine et promoteur de Lisieux, qui écrivit, au XVIIe siècle, les Vies des Saints Patrons du Diocèse de Lisieux. - Nous voulons parler du séjour que fit Thomas Becket au Val-Richer. L'archevêque de Cantorbéry avait, en 1164, quitté l'Angleterre où sa vie et sa liberté étaient en danger. L'évêque de Lisieux, Arnoul, ancien archidiacre de Séez, son ami le plus sûr et son protecteur le plus puissant, qui avait déjà tenté de mettre fin à sa querelle avec le roi, accueillit le prélat fugitif dans son diocèse, et l'abbaye du Val-Richer devint son asile.

    "L'église du Val-Richer, dit Hermant, tient à gloire que Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et chancelier d'Angleterre, qui reçut la couronne du martyre en 1170, fuyant la colère de son prince, s'y soit réfugié pendant un temps considérable, portant l'habit de Cîteaux qu'il avait reçu du Souverain Pontife et s'occupant, comme les autres, à la prière, au travail des mains, aux veilles et aux plus pénibles exercices de la vie pénitente et religieuse. Elle avait même conservé les ornements sacrés dont il se servait à célébrer le saint sacrifice de la messe, comme une relique précieuse ; mais elle en a été dépouillée par la barbarie que les calvinistes exercèrent, en 1562, sur ce qu'il y avait de plus digne de respect et de vénération. On montre encore, dans un petit bois qui est proche de l'abbaye, le lieu où il se retirait souvent pour s'occuper de la contemplation des choses célestes."

    Jean Le Prévost n'est pas moins affirmatif. La tradition était, du reste, enracinée dans le pays, témoin ces curieux détails que nous donne M. Guizot dans ses mémoires : "Lorsque, sept cents ans après sa fondation, je devins propriétaire de cette terre et de cette maison qui n'avaient plus ni seigneur, ni moines, un vieux paysan, adjoint à la mairie de Saint-Ouen-le-Paing, qui est le chef-lieu de ma commune, me dit un jour : "Si vous voulez, monsieur, je vous mènerai dans les bois du Val-Richer, à l'endroit où le saint allait faire ses prières. - Quel saint ? lui dis-je. - Ah ! je ne sais pas son nom ; mais il y a eu un saint qui a demeuré au Val-Richer, et qui allait faire ses prières dans le bois, à un endroit dont on se souvient." Je fis des questions à de mieux instruits que l'adjoint de Saint-Ouen-le-Paing, et j'appris bientôt par les plus savants archéologues normands que le célèbre archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket, pendant son exil en France, de 1165 à 1170, était venu à Lisieux et de là au Val-Richer, dont l'abbé Robert Ier était de ses amis ; qu'il y avait séjourné pendant plusieurs mois, menant la vie des moines, et qu'on y avait conservé longtemps les restes des ornements ecclésiastiques sous lesquels il avait célébré la messe." - L'exilé quitta l'abbaye vers la fin d'octobre 1170 et rentra en Angleterre, où il devait trouver la mort sur les degrés de l'autel de sa cathédrale. L'abbaye continua à prospérer ; en 1174, elle reçut la visite du bienheureux Girald, sixième abbé de Clairvaux, dont on voit la signature au bas de quelques actes de cette époque. La fin du XIIe siècle et le commencement du XIIIe virent, avec de nouvelles et importantes extensions de propriété, de nombreux procès que l'abbaye eut à soutenir contre les seigneurs, jaloux maintenant de ses privilèges."

    in La Normandie Monumentale et Pittoresque, Tome II : le Calvados ; rééd. Ch. Corlet 1987. 

     

    VIRE :  

             "La plus ancienne église de Vire a été construite peu avant l'an mille. Cette chapelle dédiée à Saint-Michel de la Couture ou Saint-Michel du Champ de Vire a été détruite par les invasions normandes et remplacée au XIIe siècle par une église fortifiée, longue de vingt mètres, large de sept mètres et surmontée d'un campanile. C'est le seul édifice roman subsistant à Vire. En 1164, Sir Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, doit fuir l'Angleterre car il s'est opposé au roi Henri II et il séjourne quelques temps à Vire. De retour à Cantorbéry, il est assassiné dans son église en 1170, sur ordre du roi. Guillaume de Tracy, seigneur du Bocage normand, fait partie des meurtriers. Henri Il est contraint de faire une pénitence publique à Avranches. Dix ans plus tard, la chapelle de Vire est dédiée à Saint Thomas."

    in Vire, Mille Ans d'Histoire par la section cartophile de l'association des Collectionneurs virois, Vire 1987.


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