• CHRIST ou JÉSUS

     

     

    BAYEUX :

    Concernant ce personnage, voir aussi l’article ci-après extrait de : Les saints dans la Normandie médiévale – colloque de Cerisy-la-Salle, 1996 ; Presses Universitaires de Caen, 2000. Chapitre : “ Les reliques de la cathédrale de Bayeux ” par F. Neveux.

     

    ÉVRECY :

    “ Mais si Prempain éprouva pour les personnes une commisération méritoire, il poursuivit à Évrecy et dans tout le canton, avec une grande persistance, la destruction de tous les emblèmes qui rappelaient aux populations les souvenirs du culte catholique. Les églises furent, bien entendu, les premières dépouillées. Nous ne savons à quelle date la chose se produisit à Évrecy, mais un souvenir très précis s'est longtemps rattaché à la profanation dont elle fut l'objet, et il n'y a pas bien des années encore, les anciens du bourg le racontaient. Un des plus fougueux patriotes de la commune, dont il est inutile de redire le nom, après avoir enlevé le christ qui, depuis plusieurs siècles, ornait l'église, lui brisa violemment le bras droit. Peu de jours après, la femme de ce malheureux tenait, devant le feu, son petit enfant sur ses genoux, lorsque, tout, à coup, une pierre se détache de la cheminée, vient tomber sur l'enfant, lui brise le bras droit et le lui détache, exactement à l'endroit où le père avait brisé le bras du christ. La mère, qui était demeurée chrétienne, fut, comme on le pense, profondément impressionnée par l'événement. Elle éleva son enfant dans les principes d'une fervente piété, et elle dut lui raconter plus d'une fois les circonstances dans lesquelles il avait été privé de. l'un de ses bras ; car, l'enfant devenu homme, et après s'être fait, dans le notariat de l'Est de la France, une place honorable, ne voulut rien conserver de l'héritage paternel, qu'il abandonna à ses deux soeurs, qui vivaient encore à Évrecy, il y a assez peu d'années. ”

    in Histoire d'Evrecy de Lanfranc de Panthou, Res Universis 1988, réédition de Monographie de la commune d'Evrecy, 1900.

     

    SAINT-DENIS-DE-MAILLOC :

    “ Une dévotion s'est développée autour d'une chapelle consacrée au Christ‑Roi à Saint‑Denis‑de‑Mailloc (canton d'Orbec). Des pèlerins viennent en nombre dans cette chapelle pour exprimer leur foi, mais aussi pour demander la guérison de leurs divers maux. ”

    in Les saints qui guérissent en Normandie, tome 2, d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France, 2003.

    CHRIST CHRIST CHRIST CHRIST

    L'abbé Adrien Noury, curé et ancien maire de Saint-Denis-de-Mailloc qu'il consacra « cité du Christ-roi », guérisseur bien connu dans le département. Chapelle privée de l'abbé Adrien Noury, curé, ancien maire de Saint-Denis-de Mailloc et guérisseur (où le prêtre repose), site ouvert au public. (Wikipédia)

     SAINT-GERMAIN-DU-CRIOULT :

    CHRIST

             “ Sacré‑Cœur de Jésus : Le culte créé sous ce vocable est extrêmement vivant à Saint‑Germain-du-­Crioult (Calvados) dans le sanctuaire dit du “ Sacré‑Cœur de Jésus ”, en l'église Paroissiale dédiée à saint Germain. Une grande statue est exposée au public et les pèlerins viennent nombreux présenter des demandes, spécialement pour la guérison de diverses maladies. Une carte postale édifiante a été éditée qui est à la disposition des visiteurs. Les pèlerins peuvent adresser leurs prières, allumer un cierge, notamment. ”

    in Les saints qui guérissent en Normandie, tome 2, d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France, 2003.

    CHRIST  CHRIST CHRIST CHRIST CHRIST


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  • CLAIR

    Martyr du IXème Siècle, originaire de Manchester ou Rochester, moine et ermite du diocèse de Rouen ; passé dans le Vexin, il fut décapité à l'instigation d'une femme dont il aurait refusé les avances. Il aurait ramassé sa tête et l'aurait ramené dans son ermitage pour la laver dans une fontaine miraculeuse. Patron des lunetiers, des miroitiers, des doreurs et des brodeurs pour lesquels il faut voir... clair ; mort vers 875 (fête 4 novembre/18 juillet). Son nom devient célèbre à cause du traité signé dans le village de Saint-Clair-sur-Epte.

     

    BANNEVILLE‑SUR‑AJON :

    “ Statue en pierre polychrome de saint Clair, XVIIe siècle dans la chapelle Saint‑Clair : La tête de la statue offre une calotte crânienne découpée au­ dessus des yeux. Cette représen­tation rappelle que les deux émissaires envoyés par sa femme pour le tuer lui avaient coupé la tête en déviant la main. Le saint aurait relevé sa tête et l'aurait rapportée à l'ermitage qu'il habitait après l'avoir lavée dans une fontaine. Le tronc de cette statue comporte une cavité reliquaire. La chapelle Saint‑Clair est localisée près d'un bois où une source vouée à saint Clair est réputée soigner les maux d'yeux. ”

    in Le Patrimoine des Communes du Calvados, Flohic éditions 2001.

     

    BAYEUX :

    Concernant ce saint, voir aussi l’article ci-après extrait de : Les saints dans la Normandie médiévale – colloque de Cerisy-la-Salle, 1996 ; Presses Universitaires de Caen, 2000. Chapitre : “ Les reliques de la cathédrale de Bayeux ” par F. Neveux.

     

    BESSIN

    “Quinze églises paroissiales sont sous son invocation en Normandie, dont quatre dans le Calvados ; et parmi elles Saint-Clair-sur-l'Elle, de nos jours dans la Manche, mais toujours dans le Bessin. On Suit d'Ouest en Est d'un bout à l'autre de la Normandie les pérégrinations vraies ou légendaires de ce missionnaire venu d'Outre-Manche et débarquant dans le Nord Cotentin au cours du IXe siècle. Il aurait été ermite à Nacqueville. puis près de Valognes ; le "harcèlement sexuel" dont le poursuivait une femme lui fit quitter les lieux. Il s'en alla vers la vallée de la Seine ; son passage était accompagné de miracles et il faisait surgir des fontaines. Il s'installa en Vexin, mais des sbires envoyés par la femme qu'il fuyait, lui tranchèrent la tête. Alors il se releva, prit sa tête dans ses mains, la plongea dans une fontaine proche puis alla s'allonger dans l'église où il souhaitait être enterré, aujourd'hui celle de Saint-Clair-sur-Epte. Peu après, un aveugle retrouva la vue après avoir baigné ses yeux avec l'eau de la fontaine. Ceci se serait passé en 884. La translation du corps du saint à son lieu de sépulture définitif aurait eu lieu le 18 juillet 888. d'où fixation de la fête calendaire du saint ce même jour de l'année. Deux autres saints homonymes sont connus dans l'Ouest de la France : saint Clair premier évêque de Nantes et un saint Clair vénéré à Réguiny dans le Vannetais où sa relique, si elle est plongée dans le bassin de la fontaine proche, garantit le beau temps à venir.

    Le culte du saint Clair normand se répartit grossièrement en un large semis de localités allant de Remilly-sur-Lozon dans les marais du Cotentin à Forges-les-Eaux en pays de Bray. Dans le Bessin, il est attesté à Saint-Clair-sur-l'Elle, à Cerisy-la-Forêt, au Molay-Littry et la grande Chélidoine ou herbe aux verrues y est connue sous le nom d'herbe de Saint-Clair. Il y a des fontaines Saint-Clair aux eaux curatives : dans l'Orne, à Caligny ; dans la Seine-Maritime, à Forges-les-Eaux ; dans l'Eure, à Saint-Clair-sur-Epte , dans le Calvados, à Hérouville-Saint-Clair (récemment comblée), Saint-Sylvain et Notre-Dame-de-Courson ; dans la Manche à Saint-Clair-sur-l'Elle où, grâce à un travail récent, le culte populaire petit être suivi pendant les deux derniers siècles. L'origine semble en remonter au moins à l'époque ducale et se situe peut-être dans la mouvance de l'abbaye bénédictine de Cerisy. Les lieux en sont l'église paroissiale et la fontaine située dans un vallon à proximité du bourg. Tout au long du XIXe siècle, la fête patronale est marquée par un feu de joie -le dernier semble avoir eu lieu en 1902- et par une procession à la fontaine. Sous le Premier Empire, la confrérie de saint Clair dont le siège est à Saint-Clair-Sur-l'Elle et qui succède sans doute à une confrérie d'Ancien Régime, compte de 300 à 500 membres habitant une quarantaine de paroisses. Le chiffre est à rapprocher de celui des 42 localités d'où sont parvenues les 60 demandes de messe adressées pendant l'année 1987 -localités du Coutançais, Surtout du Saint-Lois mais aussi du Bessin (d'autant qu'il convient de ne pas oublier que Saint-Lois et Bessin se recouvrent l'ancien diocèse de Bayeux allait jusqu'à la Vire et aux portes de Saint-Lô).

    Pour notre siècle, quelles sont -outre les demandes de messe- les manifestations de la dévotion populaire ? La procession annuelle lors de la Saint-Clair a eu lieu régulièrement durant l'entre-deux-guerres et entre 1947 et 1967. Elle était l'occasion de la bénédiction de médailles, mais celle-ci peut être demandée à titre individuel de même qu'avaient et qu'ont toujours lieu des pèlerinages individuels à la fontaine. Celle-ci a fait l'objet d'un aménagement en 1909 ; à la même époque Un curé de la paroisse chercha à propager l'usage de l'eau bienfaisante en commandant aux potiers de Noron des bouteilles en grès portant un cartouche avec l'inscription "Eau de Saint-Clair". En août 1997, à l'occasion de la décision du Conseil municipal de donner aux diverses voies de Saint-Clair-sur-l'Elle un nom définitif, celui du Chemin de la Fontaine se voit maintenu et en quelque sorte officiellement confirmé et le journal La Manche Libre (16 août 1987) publie à cette occasion une photo de la fontaine Saint-Clair, relevant dans son commentaire : "Ici l'eau est très claire, très limpide, très pure, particulièrement recommandée pour les maladies des yeux, de nombreux visiteurs y viennent chaque jour". Si tous les visiteurs ne viennent pas en dévots, -il y a de la part du Conseil municipal souci de mise en valeur touristique-, il est sûr qu'il y a parmi eux des pèlerins, le texte du journal le disant sans le dire ! D'ailleurs, les motifs des demandes de messe reçues la même année explicitent bien ce recours populaire : les messes sont demandées pour obtenir la guérison d'une affection ophtalmique, le succès d'une opération des yeux, ou encore la protection du saint sur un enfant aveugle. Ce à quoi correspondent également les plaques d'ex-voto qui encadrent la statue du saint qui surmonte la fontaine -la plus récente datée est de 1980.

    C'est que saint Clair est essentiellement imploré pour les affections de la vue. La légende de sa mort cherche à expliquer et à légitimer cette spécialité du saint guérisseur auquel il semble bien en fait qu'elle soit reconnue surtout à cause de son nom : Clair, il fait voir clair. D'autres spécialités de saints guérisseurs reposent sur ce jeu de mots : ainsi Eutrope spécialiste de l'hydropisie ou Ortaire qui remet droits les membres tordus des paralytiques -parce que Saint Ortaire s'entend saint Tortaire. Pour irrationnel que ce jeu sur les noms puisse sembler, il convient de se souvenir de l'importance que beaucoup de cultures anciennes accordent aux noms et à leur phonétique. Notons cependant que si sa spécialité d'ophtalmologue est reconnue à saint Clair presque en tous les lieux de son culte populaire, il arrive qu'il soit imploré pour tout autre chose : à Saint-Sylvain, dans le sud de la Plaine de Caen, avant 1939, on le priait pour le beau temps et contre le tonnerre et l'incendie. Ce qui recoupe curieusement le culte rendu à son homonyme vannetais mentionné plus haut. En fait, le cas suivant le montrera, il arrive que les saints guérisseurs superposent plusieurs personnalités... (…)

    BIBLIOGRAPHIE

    Fournée, Docteur Jean. - Le culte populaire et l'iconographie des saints en Normandie. Etude Générale, Paris, Société Parisienne d'Histoire et d'Archéologie normandes, 1973.

    Fournée, Docteur Jean. - Enquête sur le culte populaire de saint Martin en Normandie. Paris, Société Parisienne d'Histoire et &Archéologie normandes, 1963.

    Sur saint Siméon

    Duncombe, Catherine. - Enquête sur le culte populaire de Saint-Siméon à Sainte-Honorine-des-Pertes et sur les différents saints homonymes encore honorés en Basse-Normandie. Mémoire pour l'obtention du Diplôme d'Etudes Normandes, Université de Caen,1990.

    Sur saint Clair

    Henaff, A. - La dévotion à saint Clair en la paroisse de Saint-Clair-sur-Elle au XIXe et XXe siècles. Mémoire pour l'obtention du Diplôme d'Etudes Normandes, Université de Caen, 1988.

    Sur saint Marcouf.

    Fournée, Docteur Jean. - Deux Saxons de Bayeux : saint Evroul et saint Marcoul, Cahiers Léopold Delisle, XVII, fasc. 3-4, 21 semestre 1968, p. 37‑54.

    Sur l'affaire de la fontaine Saint-Marcouf

    Voir- la note d'Arcisse de Caumont dans l'Annuaire... de l'ancienne Normandie, XXVII, 186 1, p. 442-445”.

    In 30e volume de la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bayeux : extrait de l’article “le culte populaire des saints dans le Bessin” par J.J. Bertaux.

     

    BOURGEAUVILLE :  

             La fontaine Saint-Clair se trouve "vers Bourgeauville en contournant le bois des Grainvilleries, au pied duquel sourd la Fontaine-Saint-Clair qui alimente le ruisseau du même nom, et un lavoir toujours charmant. Saint Clair est un des plus importants saints de Normandie après la Vierge Marie, saint Martin, et saint Germain. Ceci surtout pour des raisons économiques : sa fête (le 18 juillet) marquait le terme et le renouvellement des contrats d'embauche du personnel agricole, on y louait pour un an les nouveaux valets et les nouvelles servantes, ce qui était prétexte à d'importantes foires. Bourgeauville, où précisément nous nous rendons à présent, mais aussi Cambremer, Pont d'Ouilly, la Rivière-Saint-Sauveur, avaient leur foire St. Clair, à l'occasion de laquelle on allumait de gigantesques bûchers en forme de tours pyramidales."

    in Randonnées et Patrimoine en Pays d'Auge, T.1 de J. Lalubie. (1983).

     

             “Au bas du village, là où Bourgeauville atteint sa limite avec Glanville, suinte une source, à l'eau claire et fraîche, appelée “Fontaine Saint Clair”, qui possède elle aussi son histoire. Saint Clair, qui lui donna son nom, fut le premier évêque de Nantes vers l'an 280. La légende, qui s'attache à lui, affirme qu'il rendait la vue aux aveugles, en touchant leurs paupières, en appuyant ses mains sur elles. Une peinture d'Hippolyte Flandrin (né à Lyon en 1809, mort à Rome en 1864) intitulée : “Saint Clair guérissant les aveugles”, datée de 1836, qu'on peut admirer dans la cathédrale de Nantes, montre le saint exerçant son pouvoir sur des malades atteints de cécité. Or, il a été reconnu que l'eau de la source de Bourgeauville apporte un certain soulagement à ceux qui souffrent de maux de la vue “et même les guérit”, précisent certains écrits anciens. D'où l'origine du nom qui lui été donné tout naturellement. La Saint-Clair, étant célébrée le 10 octobre, cet endroit fût, durant nombre d'années d'antan, le rendez-vous de pèlerinages de reconnaissance, de remerciements, de messages d'espoirs. Mais le dimanche le plus proche de cette date était aussi, jusqu'en 1939, le jour de la fête patronale du village. Ce jour-là, outre les réjouissances populaires, avait lieu la “louée”. En effet, les exploitants agricoles venaient choisir et embaucher les ouvriers, alignés les uns après les autres, pour proposer leurs services, qui deviendraient durant une année (jusqu'à la prochaine Saint-Clair) et. domestiques de ferme. Ils étaient des “loués”.”

    In Nos Villages Augerons de Jean Bayle, Editions Charles Corlet 1998.

     

         “ Source Saint-Clair à Bourgeauville : Saint Clair est traditionnellement imploré afin de guérir les maladies des yeux. Cette reconnaissance est marquée par la présence d’ex-voto dans la chapelle nord de l’église. En ce lieu étaient réglés autrefois les engagements d’embauche du personnel rural […]

    Lavoir Saint-Clair, en bois et ardoise : Ce lavoir est édifié au pied de la source placée sous le même patronage. Dans les campagnes, à la Saint-Clair, une réunion facilitait les engagements de travail pour le personnel agricole ou de la maison. ”

    In Le Patrimoine des Communes du Calvados, Flohic Éditions, 2001.

     

    BRETTEVILLE-SUR-LAIZE/MAGNY-LA-CAMPAGNE/HÉROUVILLE/CAUMONT-L’ÉVENTÉ/LÉNAULT/BOURGEAUVILLE/SAINT-DÉSIR/DONNAY/TILLY-SUR-SEULLES/COLLEVILLE-SUR-MER/SAINT-ARNOULT/BANNEVILLE-SUR-AJON :

    “ On peut aussi se rendre, dans le Calvados, en l'église de Bretteville‑sur‑Laize, en l'église de Magny‑la‑Campagne (canton de Bretteville‑sur‑Laize), à Hérouville‑Saint-­Clair, à Caumont‑l'Eventé (statue et beau vitrail), à la fontaine Saint‑Clair de Lénault (canton de Condé‑sur‑Noireau), à Bourgeauville (canton de Dozulé) où se trouve aussi une fontaine, à Saint‑Désir (canton de Lisieux) où une statue l'honore, à Donnay, près de Saint‑Omer (canton de Thury-Harcourt) où existent une chapelle et une source fort visitée, à Tilly‑sur‑Seulles, à Colleville‑sur‑Mer (canton de Trévières), à Saint-Arnoult‑sur­-Touques (canton de Trouville‑sur‑Mer) où se trouve une fontaine, à Banneville‑sur‑Ajon (canton de Villers‑Bocage). ”

    In Les Saints qui guérissent en Normandie, tome 2, par H. Gancel, éditions Ouest-France, 2003.

     

    COLLEVILLE‑SUR‑MER :

    “ Statue de saint Clair trépané en pierre peinte dans l’église Notre‑Dame-de‑l’Assomption : Saint Clair a a tête tranchée au XIe siècle, mais obtient la guérison en la plongeant dans une fontaine. Cette statue représente le saint trépané et portant la calotte de son crâne. L'indication d'une fontaine sacrée rappelle que de nombreuses fontaines aux eaux curatives sont placées sous le vocable de saint Clair. (…) Fontaine Saint-Clair du XIXe siècle en calcaire : La fontaine au lieu‑dit La Fontaine se trouvent un lavoir et une fontaine appelée “ la fontaine Saint‑Clair ”. Elle a longtemps fait l'objet d'un pèlerinage, et les fidèles y sont venus puiser de l'eau pour guérir les maladies des yeux. ”

    in Le Patrimoine des Communes du Calvados, Flohic éditions 2001.

     

    ELLON :  

             "Sur la paroisse d'Ellon, des fidèles vous indiqueront encore la fontaine Saint-Clair où l'on venait de loin pour obtenir une "meilleure vue".

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.

     

    FALAISE :  

             Saint-Clair-des-Vaux : "Ce hameau est situé à la limite sud de Falaise, sur la route d'Argentan, au bord du ruisseau le Trainefeuilles, qui sépare notre ville de La Hoguette. Il est blotti au fond de la cuvette du hameau de Vaux. Venant de la route de Caen-Falaise-Argentan-Tours, on y accède par le chemin de la Foirie, qui mène aussi au moulin de Vaux. Le hameau de Vaux est, quant à lui, directement relié à Guibray par un ancien chemin, le chemin de Vaux, à travers le hameau du Caudet, proche de la place Reine-Mathilde et des champs Saint-Georges et du Griffon. Il possédait autrefois une chapelle, qui avait été donnée aux prémontrés de saint Jean-Baptiste. Ceux-ci y disaient quotidiennement la messe jusqu'à la Révolution. Après le Concordat, le monastère ayant été fermé en 1791, c'est un vicaire de Notre-Dame de Guibray qui venait y célébrer les offices. Saint-Clair a été très populaire en Normandie, bien que les précisions historiques soient pauvres sur sa vie. Il semble bien qu'il fut diacre, n'ayant pas été ordonné prêtre et soit venu d'Angleterre, vers le Ve siècle, en débarquant dans la région de Cherbourg. C'est en tout cas dans le Cotentin que son culte a été le plus répandu, mais il y a toutefois quinze églises, qui lui sont dédiées dans le Calvados. ll subit le martyr le 17 juillet, date où il est fêté, par décapitation, car plusieurs de ses statues le montrent vêtu de la dalmatique de diacre et tenant sa tête entre les mains, comme saint Denis. Il doit sa grande popularité à ce que, vu son nom, il passait pour faire voir "clair" et rendre la vue aux aveugles. Au pied de ses statues, il n'est pas rare de voir en ex-voto, une paire de lunettes. C'est ainsi qu'il devint le patron des lunetiers, tourneurs, miroitiers et même faiseurs de lacets. L'"herbe de saint Clair", c'est la chélidoine, plante des places désertiques, dont le suc jaune passait, sous l'Antiquité, pour rendre la vue, alors qu'elle ne semble efficace que sur les verrues ! C'est en espérant recouvrer la vue que nos ancêtres normands faisaient le pèlerinage à la chapelle de Saint-Clair-de-Vaux, qui, par vétusté, a disparu."

    in Falaise dans la mémoire des rues par P. German, éditions C. Corlet 1988.

     

    FONTAINE-HENRY :  

             "Généralement nos vieux imagiers n'ont point sculpté les martyrs avec un visage empreint de douleur. Les statues appartenant à ce genre sont rares, tel par exemple le saint Clair (XVIe siècle) de la pittoresque petite église de Moulineaux, en la paroisse de Fontaine-Henry. Le martyr, vêtu d'une longue dalmatique avec manipule, tient entre ses mains son occiput avec la matière cérébrale fidèlement représentée ; la figure est marquée par une vive expression de souffrance."

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.

     

    HEROUVILLE-SAINT-CLAIR :  

             "Entre Caen et la mer, saint Clair vint construire une hutte à Hérouville. Une fontaine, une chapelle transformée en église, des traditions orales, y rappellent son séjour, nous apprend l'un de ses biographes : M. l'abbé Alix, qui ajoute : de là, saint Clair gagna Lisieux en passant par Basseneville, Cambremer. Il baptisa à Saint-Arnoult et dans la fontaine Saint-Clair, aux portes d'Honfleur. Nous le retrouvons ensuite dans les régions de Bernay, à Saint-Clair-d'Arcey, de Mantes. Après un séjour à paris et à Gometz-le-Châtel, il passa à Pontoise, puis revint en Neustrie, à Forges-les-Eaux, à Chaumont-en-Vexin, entr'autres lieux, enfin à Saint-Clair-sur-Epte où, victime de son amour pour la chasteté, il fut martyrisé le 4 novembre 886."

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.

     

             "Selon la légende, Saint Clair, né en Angleterre au IXème siècle à Rochester, fut accueilli par les moines de Mauduin près de Cherbourg. Mais pourchassé par une femme puissante, il partit aux environs de Vire et vint, vers 875, se fixer à Hérouville près d'une fontaine qui lui servait à baptiser par immersion. Il se bâtit une hutte et un oratoire. Il évangélisa le pays. L'église actuelle du bourg a remplace l'ancien oratoire bâti par St Clair. Des vestiges du premier édifice furent retrouvés en août 1936 par des ouvriers qui creusaient un caveau funéraire, entre l'abside de l'église et la fontaine St.-Clair. Un pan de mur reposant à quatre mètres de profondeur sur un dallage de pierres plates, fut mis à jour. Le mur était épais de 80 cm, constitué d'énormes pierres brutes réunies par un mortier de sable et d'argile."

    in La mémoire de Lébisey d'Y. Lucas, imprimé par l'Association de l'environnement et du cadre de vie du quartier de Lébisey-Citis, février 1996.

     

    LÉNAULT :

             “ Une maison située “ sur la route de Saint-Vigor-des-Mézerets à Aunay-sur-Odon. Elle a été considérablement transformée et est devenue aujourd’hui une maison bourgeoise. Au bout d’une mare, dans le pré à côté de la maison, est installée une fontaine, dite fontaine Saint-Clair. ”

    in Le Patrimoine des Communes du Calvados, Tome 1, Flohic Editions 2001.

     

    LISIEUX :

    “ Les menuisiers de Lisieux et la Saint-Clair : En l'année 1608, les menuisiers, tonneliers, rouetiers et tourneurs de Lisieux relevèrent la vieille confrérie établie précédemment par leurs collègues sous les titres de la Vierge, de saint Blaise, de la Madeleine et de saint Clair, et qui avait son siège à la chapelle de la maladrerie du faubourg Saint-Désir. Ils choisirent la Saint-Clair comme fête patronale. Dans les statuts qu'ils firent approuver par l'évêché le ler juillet 1608, il était dit notamment ceci :

    Chaque année, à la Saint-Clair, les maîtres éliraient un “ roi ” parmi eux, responsable du luminaire, des joyaux et ornements de la confrérie, et comptable de ses deniers.

    Ce jour de la Saint-Clair, un service solennel devait être célébré. Le “ roi ” et tous les maîtres y assistaient. Ceux-ci allaient chercher le roi chez lui et l'y reconduisaient, ayant en mains le bâton de la confrérie, précédés du curé et du chapelain portant la croix et la bannière. Le service du pain bénit était aux frais du roi (cf. H. de Formeville, Bull. Soc. Antiqu. Norm., IV, 1867, pp. 536-537). ”

    In Le culte populaire et l’iconographie des saints en Normandie - Etude générale - par Dr. Jean Fournée, Société Parisienne d’Histoire et d’Archéologie Normandes, n° spécial des cahiers Léopold Delisle 1973.

     

    MAGNY-LA-CAMPAGNE :

    “ Dans l’église Notre-Dame de Magny-la-Campagne se voit une statue de saint Clair du XIXe siècle en plâtre polychrome (H. = 50 cm) : Saint Clair est né à Rochester, en Angleterre afin d'échapper au mariage arrangé par son père, il traverse la Manche. Harcelé par sa promise il voyage à travers le Vexin avant de se stabiliser dans le monastère d'un village, qui devient par la suite SaintClair-sur-Epte (Val-d'Oise). La femme, rejetée, lance deux assassins à ses trousses pour le décapiter. Au moment de lui couper la tête, le bourreau tremble et ne coupe que la partie haute du crâne, au niveau des yeux. Selon la légende, saint Clair ne meurt pas sur le moment. Il lave son crâne, qu'il tient dans ses mains, puis il indique l’endroit de sa sépulture. Une fontaine Saint-Clair, dont l'eau est réputée guérir les maladies des yeux, est édifiée à proximité du château de Vaux-sur-Laizon. ”

    in Le Patrimoine des Communes du Calvados, Flohic Éditions 2001.  

     

    LA POMMERAYE :

    “ La chapelle Saint-Clair qui dépendait de l'abbaye du Val est située sur un point fort élevé d'où l'on découvre les plaines de Caen et de Falaise, les buttes dit Pays d'Auge, la mer, l'embouchure de la Seine, les côtes du Hâvre, etc., etc. Mesurée au baromètre, cette hauteur est à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. La chapelle est au milieu d'une plantation de hêtres dont un plus gros et plus élevé que les autres, forme au-dessus une protubérance de feuillages qui est sensible quand on voit ce bouquet d'arbres à quelques lieues de distance. La chapelle n'est pas ancienne ; elle se termine, à l'est, par des pans coupés dans chacun desquels on a pratiqué une porte.

    Sur les fenêtres voisines on lit, d'un côté, la date 1680, de l'autre 1681. La cloche est suspendue au centre d'une arcade pratiquée dans le mur occidental de l'ouest. Deux statues, l'une de saint Clair, l'autre de saint Louis, sont placées à droite et à gauche de l'autel.

    La ferme voisine était une dépendance de l'abbaye du Val. ”

    in La Statistique Monumentale du Calvados, Tome IV, d’Arcisse de Caumont, 1859.

     

    “ La butte Saint-Clair est un des points culminants des collines de Normandie (309 m). Par beau temps, on peut apercevoir au Nord-Est le cap de la Hève, au-dessus du Havre, et, beaucoup plus près, les plaines de Falaise et de Caen. A l'ouest se trouve le Mont-Pinçon (365 m) avec toutes les collines qui l'entourent. Près de la Butte s'élève un monument à la mémoire des résistants de la région. A quelques mètres de la grand-route, par un petit chemin sur la droite, vous arriverez à la chapelle Saint-Clair qui possède un vieux retable en pierre massive de style Louis XIV et deux statues de pierre, l'une de saint Clair, l'autre de saint Louis. A proximité de la chapelle existe encore une fontaine où les malades de la vue allaient demander la guérison. Les Normands, en effet, établissaient autrefois une sorte de relation entre le nom d'un saint et les parties du corps qu'il guérissait. ”

    in Guide de la Suisse Normande et ses environs, Éditions Charles Corlet, 1982.

     

    LA RIVIERE-SAINT-SAUVEUR :

             "Saint Clair compte sans doute parmi les saints les plus normands bien qu'il soit né à Rochester en Angleterre. Pour échapper à un mariage que son père voulait l'obliger à contracter, il s'enfuit et traversa la Manche. Harcelé par une femme de haute noblesse, il partit vers le Vexin. Il sillonna la contrée avant de se fixer dans un monastère édifié en un lieu qui est devenu Saint-Clair-sur-Epte. Or, la femme rejetée se promettait de se venger de l'affront subi. Elle dépêcha deux assassins à gages pour le martyriser en lui tranchant le chef. La légende avance que le bourreau aurait tremblé au moment d'accomplir son forfait si bien que l'épée, au lieu de trancher la tête au niveau du cou, découpa la calotte crânienne. Le coup reçu, saint Clair aurait saisi la partie ensanglantée sur le sol, l'aurait lavée calmement dans l'eau d'une fontaine avant d'aller indiquer l'endroit de sa sépulture. Ce martyre aurait eu lieu vers 884. Les statues le représentent tenant dans ses mains sa tête ou, mieux, sa calotte crânienne au-dessus des yeux. On comprend aisément comment le martyre décrit par la légende a pu déterminer la foi populaire. Saint Clair, céphalophore, est invoqué pour les maux des yeux. (...) Dans le Calvados, les pèlerins peuvent se rendre à La Rivière-Saint-Sauveur (canton de Honfleur) où la source Saint-Clair produit une eau bénéfique pour les yeux."

    in Les saints qui guérissent en Normandie d'Hippolyte Gancel, éditions Ouest France 1998.

     

    SAINT-ARNOUL :

             “À proximité du chevet de l'église du prieuré, au milieu des arbustes et autres végétations, naissent deux sources qui, autrefois, étaient les lieux e de pèlerinages. Une, consacrée à Saint-Clair (décidément apprécié) était plus particulièrement fréquentée par les malvoyants ; ses eaux, prétendait-on, soulageant les maux atteignant les yeux, en souvenir du saint évêque de Nantes qui, dit la légende, rendait la vue aux aveugles en apposant ses mains sur leurs paupières, vers l'an 200. La seconde est appelée “Fontaine de Saint-Arnoult”. Son eau, autre légende, redonnait des forces aux enfants de faible constitution. Le guide Joanne, édité en 1894, nous apprend qu'en cette fin du XIXe siècle, “On conduisait à cette fontaine un grand nombre d'enfants débiles, à certaines périodes de l'année. Une paysanne, habitant à proximité de cette source, s'était même attribué le soin, moyennant rétribution, de les plonger dans l'eau, mais aussi d'aider également les adultes à s'y baigner”.

    In Nos Villages Augerons de Jean Bayle, Editions Charles Corlet 1998.

     

    SAINT-DESIR : 

             "La statue de Saint-Clair, 6, route de Caen. Saint-Clair est né au IXe siècle à Rochester, en Grande-Bretagne, pays qu'il quitta pour vivre en ermite dans une forêt voisine de Cherbourg. Ensuite, après avoir erré dans les forêts du Pays d'Auge, il s'installa près de Gisors où les Vikings le décapitèrent en 894. La légende s'empara alors de lui. La tradition rapporte en effet qu'il  ramassa sa tête et se rendit à l'église proche pour indiquer son lieu de sépulture. Plus tard, un  aveugle de naissance s'en vint se laver les yeux à la fontaine voisine de l'édifice culturel et recouvra la vue. Depuis ce jour, saint Clair passe pour soigner les affections oculaires et guérir les aveugles. Cette statue se trouve à proximité de ce qui fut une léproserie fondée au XIIe siècle et dépendant de l'abbaye Notre-Dame-du-Pré. La petite chapelle subsista jusqu'à la Révolution. Autrefois, près de la léproserie, se déroulait la foire Saint-Clair. Quant à la fontaine Saint-Clair, au milieu d'un herbage riverain de la route de Falaise, elle était fréquentée par les pèlerins."

    in Guide de Lisieux et de ses environs par J.M. Foubert, Editions Ch. Corlet 1988.

     

    SAINTE-MARIE-OUTRE-L'EAU :  

             Les habitants de Sainte-Marie-Outre-l'Eau avaient pour habitude d'aller se confesser à saint Clair. L'une des paroissiennes tomba amoureuse du saint mais le péché qu'elle souhaitait commettre n'était pas du goût de ce dernier. Vexée, elle entreprit d'engager deux assassins en leur enjoignant de couper la tête du saint. Ils commirent leur forfait mais quelle ne fut pas leur surprise lorsque saint Clair reprit sa tête. La légende veut que ses lèvres aient prononcé les paroles suivantes : "Je vous pardonne".

     

    Saint Clair (18 juillet) : C'est une extraordinaire odyssée que les pérégrinations de saint Clair dans la Neustrie et  Bien que jalonné par des monuments qui gardent le souvenir de son passage, son itinéraire est difficile à suivre, parce que cet apôtre, fuyant la popularité et les embûches de ses ennemis, ne séjournait pas dans les villes, mais fondait des ermitages aux environs, d'où il évangélisait les campagnes. Il naquit à Rochester, en Angleterre, sous le règne d'Edmond l'Ancien, qui régna de 841 à 846. Son père, nommé Edouard, premier ministre du roi, le promit en mariage à une riche princesse. Tout autre était le désir de Clair, qui s'enfuit sur un vaisseau et débarqua en Neustrie, près de Cherbourg. Il se réfugia dans un ermitage voisin. Ce lieu aujourd'hui dénommé Saint-Clair-du-Marais est situé en la commune de Nacqueville. Il y guérit le serviteur des ermites qui s'était blessé avec sa hache, et délivra un possédé du démon. La méchanceté des habitants du pays le fit se retirer au monastère de Malduin, bâti près du ruisseau Costus, maintenant rû Saint Clair. Il y vécut sous l'abbé Odobert et y reçut la prêtrise des mains de Séginaud, évêque de Coutances, vers 868. il ressuscita le fils d'une pauvre veuve. Une femme puissante essaya en vain de le séduire et lui voua une haine mortelle. Pour lui échapper, il parcourut la Neustrie, se fixant momentanément aux environs des villes. Nous trouvons des traces de son passage à Coutances, Carentan, Saint-Lô, où se tiennent les grandes foires Saint-Clair. De là, il gagne les abords de Vire, y séjourne, puis remonte vers le Nord, s'arrête à Banneville-sur-Ajon, puis à la Pommeraie, près Thury-Harcourt, où existe une chapelle que visita saint Louis, puis vient se construire une hutte à Hérouville, près Caen. Une fontaine, une chapelle transformée en église, des traditions y rappellent son séjour. De là il gagne Lisieux, près des ruines de l'antique Noviomagus, en passant par Basseneville et Cambremer. Remontant la Touques, il baptise à Saint-Arnoult, près Touques, et dans la fontaine Saint-Clair aux portes de Honfleur. Nous le retrouvons ensuite dans la région de Bernay, à la Chapelle-Bayvel, sur la route de Lillebonne, où deux foires, la petite et la grande Saint-Clair, commémorent son passage. Non loin se trouve encore la paroisse Saint-Clair d'Arcey. Nous pouvons encore le suivre à Flacourt, près Mantes, et aux ermitages qui devinrent les abbayes Saint-Germain-des-Près et Saint-Victor à Paris. Après un séjour à Gometz-le-Châtel, il passe à Pontoise, Hérouville, revient en Neustrie, s'arrête à Forges-les-Eaux, Saint-Clair-Hardancourt près Gournay et dans un bois entre Flavacourt et Sancourt. Son passage est marqué à Chaumont-en-Vexin et au Pré-Aubry, près Gisors. Vilcassinum (Saint-Clair-sur-Epte) fut sa dernière étape. Son ermitage fut découvert et des sicaires envoyés par la femme qu'il avait méprisée, le décapitèrent le 4 novembre 884. La tradition rapporte que le martyr se levant, prit sa tête dans ses mains et se transporta jusqu'à l'église paroissiale, indiquant ainsi le lieu de sa sépulture. De grands miracles s'opérèrent et s'opèrent encore sur son tombeau, notamment la guérison des maladies des yeux. C'est un des saints. les plus invoqués en Normandie. Sa fête, célébrée le 8 juillet, devint si populaire qu'elle fut choisie dans les pays agricoles comme un terme de l'année et l'époque de la louerie des domestiques. Nombreux sont les églises, chapelles et oratoires qui lui sont dédiés, ainsi que les fontaines qui portent son nom. La chapelle Saint-Clair, en l'église de Gisors, conserve, une longue inscription murale datée de 1678, racontant la vie de son patron. ”

    in Cinquante Saints Normands, étude historique et archéologique de Frédéric Alix ; Société d’Impression de Basse-Normandie, Caen 1933.


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  • CÔME & DAMIEN

    Fête le 27 décembre. Une commune du Calvados porte le prénom de Côme : Saint-Côme-de-Fresné.

     

    VIRE :  

             "Ces deux frères martyrisés en Cilicie étaient patrons des chirurgiens à Vire."

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.


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  • CONTEST

    Saint Contest ou Contextus fut évêque de Bayeux au V-VIème siècles : mort vers 510. Evêque à partir de 480, il fut persécuté pour son zèle par ses adversaires et dut un certain temps abandonner son siège. Une commune du Calvados porte son nom : Saint-Contest. Fête : 19 janvier.

     

    BAYEUX : 

             "Les actes de saint Contest ont été publiés dans l'Histoire Ecclésiastique de Normandie (édit. de 1759, p. 67), d'après certains manuscrits de l'église de Bayeux. On y lit que saint Contest fut le successeur de saint Manvieu et le sixième évêque depuis saint Exupère, le septième d'après l'Ordo diocésain. A la fin du XVIIIe siècle, on fêtait saint Contest le 19 janvier. Du Moustier, l'auteur de la Neustria Sancta, découvrit une vie de saint Contest en tête d'un vieux bréviaire en parchemin. Jules Lair, qui a étudié ce document, y voit ou croit y voir une oeuvre du IXe siècle. Hermant cite (Hist., p. 42) une Charte de l'abbaye de Fécamp relatant le transfert du corps du saint dans cette abbaye ; cette translation eut lieu sous le règne de Henri II, duc de Normandie, en 1162, en présence de Philippe d'Harcourt, évêque de Bayeux ; d'Arnulf, évêque de Lisieux. Depuis, l'archevêque de Rouen voulut bien distraire une portion des reliques, en 1857, en faveur de la cathédrale de Bayeux, et en 1896, pour l'église de Saint-Contest, près Caen. (On conservait une relique du saint au couvent Saint-Dominique d'Argentan, mais en 1563, "les hérétiques brisèrent tout le mobilier et en bruslèrent les reliques, entre autres le bras de saint Contest, lequel coustumièrement on portait par la ville aux malades et ce par un religieux en estole avec un compagnon, et il avait approbation de grands miracles, car aussitôt que le religieux avait dit quelques suffrages sur le malade et qu'il lui avait fait boire de l'eau en laquelle on mettait la relique, incontinent il revenait en convalescence ou subitement il mourait" Description d'Argentan, M-S. 1680.)."

    in "Saints guérisseurs, saints imaginaires, dévotions populaires" par Jean Seguin, 1929, rééd. Lib. Guénégaud Paris 1978.

     

    "480-513 (Evêque de Bayeux). De Bayeux. Inhumé à Saint-Exupère."

    in Monographie d'un canton type : Canton de Bayeux par E. Michel (1911), Office d'édition & de diffusion du livre d'histoire 1994.

     

    “Saint Contest (19 janvier) : Une tradition nous apprend que saint Contest naquit à Athis-sur-Orne, ancienne paroisse réunie à Louvigny, dont l'église était sous le vocable de ce saint. Plusieurs lui attribuent Bayeux pour berceau. Pour se donner tout à Dieu, il se retira dans une solitude près de Falaise, puis dans les bois de Trun (Orne). Le siège épiscopal de Bayeux étant devenu vacant, Contest fut élu évêque, selon l’usage du temps, par les acclamations du peuple et du clergé. Homme d'action, il se donna tout entier à la conversion des païens encore nombreux, mais son zèle lui attira la haine des puissants, obstinément attachés au culte des idoles. Il se retira dans un ermitage, situé dans la paroisse de Blay, où il vécut comme saint Jean-Baptiste dans le désert. Le démon lui dressa embûches sur embûches. Comme il se présentait à lui sous la figure d'un serpent, le saint enroula son étole à son cou et le mena bien loin de son ermitage avec défense de retour. Ses persécuteurs vaincus par ses mérites se convertirent et l'évêque rentra dans sa ville épiscopale. Prié d'aller à Séez, pour assister l'évêque saint Landry, alors à l'extrémité, il partit avec quelques disciples. Arrivés près d'Athis, dans l'Orne, par une chaleur torride, et encore loin de la Vère, l'unique rivière du pays, ils faillirent mourir de soif. Autre Moïse saint Contest frappa de son bâton un rocher de granit d'où il jaillit à l'instant une source abondante. Le saint ayant donné les derniers secours à saint Landry, reprit le chemin de sa ville épiscopale. En traversant les bois de Castillon, près Balleroy, il y rencontra deux femmes, qui, poussées par le besoin, s'adonnaient au vice. Il leur fournit le nécessaire et les fit renoncer à leur mauvaise vie. A Bayeux, il exerça son ministère pastoral avec un grand zèle et Dieu lui continua le don des miracles. Il mourut un 19 janvier, vers l'an 513, et fut enterré dans l'église Saint-Exupère, devant l'autel Saint-Clair. Le 3 mars 1162, les évêques Philippe de Harcourt de Bayeux, Rotrou d'Evreux, Arnoul de Lisieux, Achard d'Avranches, transférèrent les reliques de saint Contest à l'abbaye de Fécarnp. En 1683, les moines de Saint-Vigor de Bayeux en obtinrent une portion considérable. Récemment la cathédrale de Bayeux et l'église de Saint-Contest, près Caen, ont obtenu quelques-uns de ses précieux ossements. Aujourd'hui encore les pèlerins viennent en l'église de Mille-Savattes (Orne), prier saint Contest pour leurs enfants malades.”

    in Cinquante Saints Normands, étude historique et archéologique de Frédéric Alix ; Société d’Impression de Basse-Normandie, Caen 1933.

     

    "Église St Exupère : La fondation de l'église remonte à une époque très ancienne. Plusieurs des premiers évêques de Bayeux y furent inhumés. L'église actuelle a été remontée au XIXe.

    En 1679 Mr Bier curé de St Exupère, à l'occasion de travaux dans le choeur, étudia les sépultures des saints évêques. Il en trouva 7. Les ossements furent partagés entre diverses personnes afin d'en faire des reliques. On trouve : St Rufinien sous le maître autel, St Manvieu au pied du mur méridional, entre l'autel et la tour ; St Contest, au nord devant l'autel de St Clair; St Patrice, au midi devant l'autel de la Sainte Vierge ; St Gerbold, contre le mur septentrional, entre l'autel et la sacristie ; St Frambold, sous le crucifix ; St Geretrand, proche, à sa gauche.

    Le curé dit aussi s'être procuré les restes de St Regnobert et St Zénon, son diacre qui, ainsi que St Exupère et St Loup furent enterrés dans cette église.

    Le tombeau de St Exupère est sous le maître autel. En 1853, l'abbé E. Le Comte, curé de St Exupère, fit des fouilles dans les caveaux où furent inhumés les premiers chefs de l'église de Bayeux. Cette recherche récente fut couronnée de succès. Une crypte a été construite à cette époque pour recevoir tous ces vénérables restes."

    in Églises et chapelles du Bessin de Dominique Achard ; éditions de Neustrie 1999.

     

    "Saint Contest - 19 janvier 513 : Selon la tradition il naquit à Athis de l'Orne. D'autres prétendent qu'il est originaire de Bayeux. Il fut ermite près de Falaise puis dans les bois de Trun (Orne). Il fut évêque de Bayeux par acclamation du peuple et du clergé. Il lutta fortement contre le paganisme mais face à lui se dressaient les "puissants", attachés aux cultes anciens. Il se retira alors dans un ermitage à Blay.

    La légende rapporte que le démon le harcelait sous la forme d'un serpent fabuleux. Contest alors enroula son étole autour du cou de la bête et la mena très loin de là avec ordre de ne jamais revenir. Tous furent édifiés par ses mérites et se convertirent. Il revint dans sa ville épiscopale. Il fut prié d'aller assister les derniers instants de St Landry évêque de Séez. En route, avec quelques uns de ses disciples, il fit jaillir une source d'un coup de son bâton, entre Athis et la rivière Vère.

    Sur le retour vers Bayeux, il fit de nombreuses conversions de prostituées. Il fut enterré dans l'église qui porte son nom face à l'autel St Clain.

    Le 3 mars 1162, les évêques Philippe de Harcourt, de Bayeux, Rotrou d'Evreux, Arnoul de Lisieux, Achard d'Avranches, transférèrent ses reliques à l'abbaye de Fécamp.

    En 1683, les moines de St Vigor près Bayeux, obtinrent une partie des reliques, puis la cathédrale de Bayeux et l'église St Contest près Caen. Un pèlerinage existe encore de nos jours, en l'église de Mille Savattes (Orne) où l'on invoque St Contest pour la guérison des enfants malades."

    in Églises et chapelles du Bessin de Dominique Achard ; éditions de Neustrie 1999.

     

    “ Les reliques. On n'imagine guère de nos jours de lieu de culte d'un saint sans sa statue, son "image". Au XIe siècle, il y avait des peintures murales mais pas de statues en ronde-bosse. Par contre il y avait des reliquaires. On sait que, fuyant les pirates Vikings, moines et clercs de nos diocèses emportèrent avec eux, et souvent fort loin, les corps saints de leurs monastères et églises. C'était pour eux des trésors plus précieux encore que les vases sacrés et autres richesses mobilières. Une des conséquences; de cet exode fut de propager, à grande distance le culte de plusieurs saints pré normands dont l’audience serait peut-être restée régionale. Le cas le plus extraordinaire fut sans doute celui du Cotentinais saint Marcoul, devenu à Corbény, non loin de Reims, saint dynastique. La dispersion au loin des châsses fut cruellement ressentie lors de la réorganisation religieuse du duché. Pas de culte possible sans reliques. Or la “récupération ” s'avéra très difficile. L'abbaye Saint-Ouen de Rouen eut la chance de se foire restituer, dès le Xe siècle, le corps de son saint patron, et cela explique certainement son importance comme lieu de pèlerinage au XIe siècle. Quelques corps saints avaient pourtant été "oubliés" in situ. Quelle aubaine de les retrouver après la tourmente. Ce fut le cas de saint Evroul dont le corps fut rependant volé par Hugues de France en 946 et emporté à Orléans. Les moines du Mont-Saint-Michel retrouvèrent le corps de saint Aubert vers 1012. Ceux de Saint-Wandrille, en 1026, le corps de saint Wulfran. dont la châsse parcourut le diocèse lors des grandes épidémies médiévales. On retrouva saint Contest à Bayeux, saint Sever au lieu qui porte son nom ; mais un commando venu de Rouen le transporta à la cathédrale métropolitaine. Les rapts de reliques furent choses courantes, masqués par de pieuses légendes, par exemple la châsse qui se fait trop lourde pour aller plus loin d'où l'origine du culte de saint Hildevert à Gournay-en-Bray. Et puis il y eut des supercheries : le pauvre évêque de Bayeux, Odon de Conteville, frère utérin du duc Guillaume, se vit attribuer par les gens de Corbeil, les restes mortels d`un paysan, alors qu'il attendait le corps de saint Exupère. L'évêque de Sées, plus heureux, réussit à se faire restituer les ossements de saint Latuin, son premier prédécesseur que conservait l’église d’Anet, mais cela seulement en ... 1970 !

    Finalement on dut, un peu partout, se contenter de parcelles osseuses. Les corps saints, partis intacts au IXe siècle, furent véritablement dépecés. Les châsses firent place aux reliquaires. Notons que les premières statues en ronde-bosse furent presque toutes des reliquaires, telle celle de sainte Foy à Conques. Mais, grâce à cette fragmentation, devenue courante et universelle, la Normandie vit arriver des reliques de saints qui lui étaient totalement étrangers, et ce tut l'origine d'un mouvement d’importation qui allait se poursuivre tout au long des siècles. Ainsi s'implantèrent chez nous au XIe siècle les cultes de sainte Catherine, de sainte Barbe, de sainte Madeleine, de sainte Foy, de saint Valentin, de saint Blaise. C'est l'époque où les monastères commencèrent à se constituer leurs trésors de reliques, le Mont-Saint-Michel par exemple, comme l'indique Robert de Torigni. ”

    In Guillaume le Conquérant et son temps - catalogue d’exposition – Art de basse-Normandie n°97 – Hiver 1987-1988.

     

    BLAY :

    “ Reliques de saint Contest, entre 486 et 496 et 1896 en métal dans l’église Saint‑Pierre : Un chemin très ancien, dit “ des Anes de Villiers ” ou “ des Mollets ”, traverse le territoire de Blay. Sur ce site vient se retirer, vers la fin du Vème siècle, un évêque de Bayeux du nom de Contest. Obligé de fuir la capitale des Bajocasses, il vit en ermite à Blay probablement de 480 à 496, avant de retourner à Bayeux pour mourir le 19 janvier 513. Le 7 novembre 1896, un autre évêque de Bayeux, Mgr Hugonin, donne à l'église de Blay les reliques de saint Contest, des os de la main droite. Le reliquaire est conservé dans la sacristie. ”

    in Le Patrimoine des Communes du Calvados, Flohic éditions 2001.


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  • CROIX ou VRAIE CROIX

     

     

    BAYEUX :

    Concernant cet objet, voir aussi l’article ci-après extrait de : Les saints dans la Normandie médiévale – colloque de Cerisy-la-Salle, 1996 ; Presses Universitaires de Caen, 2000. Chapitre : “ Les reliques de la cathédrale de Bayeux ” par F. Neveux.


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  • CYRIAQUE

     

     

    BAYEUX :

    Concernant ce saint, voir aussi l’article ci-après extrait de : Les saints dans la Normandie médiévale – colloque de Cerisy-la-Salle, 1996 ; Presses Universitaires de Caen, 2000. Chapitre : “ Les reliques de la cathédrale de Bayeux ” par F. Neveux.


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